Activité hygge pour enfant: le poème de la semaine en famille

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Table des matières

Activité hygge pour enfant : le poème de la semaine, un rituel pour clôturer la semaine en famille

La première semaine de rentrée se termine. Tout le monde a tenu, plus ou moins bien, et tout le monde a surtout envie de souffler. C’est justement le bon moment pour une activité hygge pour enfant qui ne demande rien : ni matériel, ni énergie, ni talent. Quelques lignes, écrites ensemble ou chacun de son côté, pour dire la semaine et la refermer. On l’appelle le poème de la semaine.

Le hygge, ce n’est pas la bougie

Le mot vient du Danemark et l’on en a fait une décoration : plaid, bougie, chocolat chaud. Pourtant le hygge désigne autre chose, de plus simple et de plus profond : le bien-être que l’on ressent quand on est ensemble et que l’on est bien. Un bon repas où personne ne regarde l’heure. Une soirée cinéma sur le canapé. Et en ce mois de septembre encore chaud, un granité maison ou une glace fabriquée l’après-midi, mangés sur le pas de la porte. Le hygge suit les saisons. Ce qui ne change pas, c’est la sensation d’être à sa place.

Le vendredi soir ou le week-end ont une saveur particulière pour un enfant. La pression retombe, rien n’est encore programmé. C’est là que l’on peut glisser un rituel, un petit rendez-vous que l’on retrouve chaque semaine et qui dit, sans le dire : ici, on peut se poser.

Pourquoi écrire la semaine avant de la quitter

Beaucoup de familles connaissent le bilan du soir : quelques mots au coucher pour vider les pensées de la journée, dire ce qui a été bien et ce qui a pesé. C’est précieux, et c’est souvent impossible à tenir tous les soirs. La semaine avale le temps. Alors on peut déplacer ce moment : une fois, en fin de semaine, on regarde ce que l’on a vécu, et on le transforme en quelques lignes.

Pourquoi un poème plutôt qu’un simple récit ? Parce que la poésie n’a pas de bonne réponse. Personne ne se trompe, personne n’est noté, tout le monde a raison. Pour un enfant qui vient de passer cinq jours à répondre juste, cela peut être un soulagement. Et parce que les mots, quand on joue avec eux, laissent passer des choses que la conversation directe retient. Un enfant écrira parfois « la cour était trop grande lundi » là où il n’aurait pas dit « j’ai eu peur ». En thérapie, lorsqu’on travaille avec des enfants, l’écriture, le dessin et le jeu servent de médiation. C’est un espace ouvert où l’enfant peut se mettre en récit. Cet espace permet de déposer ce qui a blessé, ce qui a réjoui, ce que l’on n’a pas su dire dans la semaine, sans se sentir jugé ni évalué. À la maison, sans rien en dire, le poème de la semaine offre exactement cela.

Un exemple venu du cabinet. Après un accident de voiture, un enfant de 3 ans a rejoué la scène avec des Playmobil, en séance, puis à la maison avec sa famille. « Il a pu exprimer son vécu au travers de celui des personnages, raconter, modifier et réintégrer l’accident de manière différente. » Le poème de la semaine, à sa mesure, relève de la même logique : mettre en récit pour mettre à distance. (Extrait de « Traumatisme et hypnose : retrouver la sérénité », lien en fin d’article.)

Le poème de la semaine, mode d’emploi

D’abord, la thématique. Elle s’impose parfois d’elle-même : une semaine fatigante, une rentrée, une dispute, une sortie qui a marqué tout le monde. Parfois le poème est très personnel ; parfois il peut être collectif.

Ensuite, on décide si l’on écrit seul ou ensemble. Quand la semaine a été vécue à plusieurs, un texte collectif où chacun ajoute une ligne et où l’on s’entraide pour trouver les mots convient très bien. Quand chacun a eu sa semaine, papa et maman écrivent leur texte de leur côté, les enfants aussi, et on lit tout à la fin. Cette version révèle beaucoup : on découvre ce que l’autre a retenu, ce qui l’a fait rire, ce qui lui est resté sur le cœur. Dans une fratrie, chacun peut écrire sa versiondu même événement ; les différences font partie du jeu, et elles apaisent parfois ce que la semaine a tendu, comme nous le racontions dans cet article sur les conflits entre frères et sœurs.

Puis on choisit le ton, et le ton peut tout. Un poème drôle qui tourne la semaine en dérision : « On a survécu au lundi, on a survécu au mardi, on est vraiment trop forts. » Un poème tendre sur le week-end qui arrive, le repos, la famille, ce que l’on aime. Ou un tout petit poème, trois lignes sans rime, à la manière d’un haïku, sur une chose vue aujourd’hui : un chat sur un mur, la lumière dans la cuisine, la tête du prof de sport. Les rimes sont un plaisir, pas une obligation.

Enfin, on adapte à l’âge. Les plus petits dessinent le poème que l’on a écrit ensemble, ou cherchent les mots qui riment pendant qu’un adulte tient le crayon. Les plus grands deviennent les scribes de la famille : ce sont eux qui notent ce que chacun dit, et l’exercice d’écriture se fait tout seul, sans en avoir l’air.

Le carnet de poésie familiale

Un petit carnet, choisi ensemble, peut recevoir tous les poèmes de la semaine, comme un livre d’or de la famille. On y écrit la date et le thème, on colle le dessin, on garde tout. Au bout d’un an, il est fort probable que ce carnet raconte mieux l’année que des photos. Deux règles suffisent à le  protéger. On ne se moque jamais. Et tout est précieux : peut-être que le poème de trois mots, écrit un soir où personne n’avait d’idée, sera celui que l’on relira avec le plus d’émotion.

Si le vendredi soir tombe mal

Alors on le fait dans le week-end. Et si vraiment la semaine ne laisse pas de place, on repousse sans culpabilité. Ce qui compte, c’est le rythme sur la durée : c’est la régularité qui fait de ce jeu un repère, et c’est ce repère qui construit, semaine après semaine, le lien de l’enfant avec ce qu’il vit dans sa famille. Deux à trois poèmes par mois sur un an valent mieux que dix poèmes en septembre.

Et pour les familles qui préfèrent les mots des autres, un rituel du vendredi soir en famille peut aussi tenir en dix minutes de lecture à voix haute ; nous avons raconté ailleurs tout ce que la lecture partagée apporte. D’autres familles clôturent la semaine par un moment de calme partagé, dont nous  parlions dans cet article sur la méditation avec les enfants.

Et chez vous, comment refermez-vous la semaine ? Si un poème vous fait rire ou vous touche ce week-end, venez le déposer en commentaire. Pour recevoir chaque vendredi une idée douce comme celle-ci, inscrivez-vous à la lettre de Parentalité Facile.

Pour aller plus loin

Stéphanie Estèves, « Traumatisme et hypnose : retrouver la sérénité », therapiesymbolique.fr, 9 octobre 2024 — therapiesymbolique.fr/traumatisme-et-hypnose

« Neurones miroirs : aider nos enfants à développer leurs capacités » (jeu des marionnettes comme 
médiation), parentalite-facile.com —

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