L ‘OCDE a publié ce matin, à 9 h 30, les résultats de PISA 2025, l’enquête qui sert de thermomètre au niveau scolaire en France et dans 90 autres pays. Cet article, écrit en octobre 2024 après les résultats de 2022, est mis à jour avec les chiffres du jour. Il répond à trois questions simples : où en est la France, comment se situe-t-elle face aux autres pays, et que valent ces comparaisons. L’analyse et les enseignements pratiques suivront mardi prochain.
PISA 2025, les chiffres français en bref. Sciences : 483 points, contre 487 en 2022, une baisse de 4 points que l’OCDE ne juge pas statistiquement significative ; la France se situe au niveau de la moyenne des pays de l’OCDE (482), au 27e rang des 91 pays et économies, à égalité avec l’Italie. Compréhension de l’écrit : 456 points, soit 18 de moins qu’en 2022, une baisse significative (moyenne OCDE : 461). Mathématiques : 458 points, soit 16 de moins qu’en 2022, baisse significative là aussi (moyenne OCDE : 463). Nouveau domaine « résolution de problèmes par la pensée computationnelle » : 497 points (moyenne OCDE : 500). En une phrase : la France tient en sciences et recule nettement en lecture et en
mathématiques, un peu plus vite que la moyenne de l’OCDE.
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ToggleCe que PISA 2025 mesure
Tous les trois ans, l’OCDE fait passer une même épreuve à des élèves de 15 ans. Cette année, environ 760 000 jeunes de 91 pays et économies ont participé, dont 7 920 élèves français dans335 établissements. L’épreuve ne porte pas sur le programme scolaire : elle évalue la capacité à utiliser ses connaissances dans des situations proches de la vie réelle. PISA 2025 met l’accent sur les sciences et ajoute, pour la première fois, un domaine consacré à l’apprentissage dans le monde numérique. PISA ne dit rien du niveau en CP ou en CM2 ; il photographie une génération à 15 ans, quand les écarts entre élèves sont installés depuis longtemps.
Niveau scolaire en France : quinze ans de glissement
Pour lire 2025, il faut connaître la pente. Voici les scores moyens de la France depuis 2009, tels que l’OCDE les publie.
| Cycle | Mathématiques | Compréhension de l’écrit | Sciences |
| 2009 | 497 | 496 | 498 |
| 2012 | 495 | 505 | 499 |
| 2015 | 493 | 499 | 495 |
| 2018 | 495 | 493 | 493 |
| 2022 | 474 | 474 | 487 |
| 2025 | 458 | 456 | 483 |
En seize ans, la France a perdu 39 points en mathématiques et 40 en compréhension de l’écrit. Pourtant, la pandémie n’explique qu’une partie de la baisse : le recul avait commencé avant 2018, et il touche la plupart des pays européens. La moyenne des pays de l’OCDE atteint d’ailleurs en 2025 son niveau le plus bas depuis le début de PISA, avec 14 points perdus en lecture et 9 en mathématiques depuis 2022. La France recule simplement un peu plus vite. En 2025, 21,3 % des élèves français sont peu performants dans les trois domaines à la fois, une proportion proche de la moyenne OCDE (19,7 %) ; 9,8 % sont très performants, contre 11,9 % en moyenne.
Classement PISA 2025 : la France face aux autres pays

Le classement PISA 2025 ci-dessous rassemble, pour quelques pays qui servent souvent de référence dans le débat français, les scores 2025, l’évolution depuis 2022 en compréhension de l’écrit, et la part d’élèves peu performants. L’astérisque signale les pays pour lesquels l’OCDE elle-même appelle à la prudence ; la section suivante explique pourquoi.
| Pays | Sciences | Lecture | Maths | Lecture, évolution2022→2025 | Élèves peuperformants |
| Singapour | 560 | 535 | 563 | −8 | 5,2 % |
| Japon | 538 | 503 | 525 | −13 | 8,8 % |
| Estonie | 527 | 499 | 508 | −12 | 7,4 % |
| Corée | 526 | 501 | 522 | -15 | 9,4 % |
| Royaume-Uni | 511 | 494 | 488 | 0 | 12,0 % |
| Canada* | 510 | 490 | 485 | −17 | 12,0 % |
| Finlande | 504 | 474 | 469 | −16 | 15,7 % |
| Pays-Bas* | 485 | 441 | 483 | −18 | 21,3 % |
| Allemagne | 485 | 465 | 464 | −15 | 20,7 % |
| France | 483 | 456 | 458 | −18 | 21,3 % |
| Italie | 483 | 474 | 468 | −7 | 15,8 % |
| Espagne | 477 | 451 | 457 | −23 | 18,4 % |
| Norvège* | 470 | 453 | 452 | −24 | 22,0 % |
| MoyenneOCDE | 482 | 461 | 463 | −14 | 19,7 % |
Source : OCDE, Résultats du PISA 2025, volume I, tableau I.1. « Élèves peu performants » : part d’élèves sous le niveau 2 dans les trois domaines à la fois. * Une ou plusieurs normes d’échantillonnage PISA non respectées. Trois lectures rapides. D’abord, la Finlande, longtemps citée en modèle, se situe désormais au niveau de la France en lecture et en mathématiques. Ensuite, le Royaume-Uni est l’un des rares pays de l’OCDE à progresser en sciences (+12) et à tenir en lecture. Enfin, l’Estonie confirme qu’un pays européen peut rester dans le peloton de tête sans les moyens de Singapour, avec seulement 7,4 % d’élèves peu performants, contre 21,3 % en France.
Les élèves que l’on ne compte pas
Un classement n’a de sens que si tout le monde passe la même épreuve. Or les règles de PISA autorisent chaque pays à exclure une partie de ses élèves de 15 ans : élèves en situation de handicap intellectuel, élèves qui maîtrisent trop peu la langue du test, ou établissements trop petits ou trop isolés. L’OCDE fixe une limite : au plus 5 % de la population cible, faute de quoi le score national peut être biaisé à la hausse.

Plusieurs pays dépassent cette limite en 2025, et l’OCDE le signale par un astérisque. La Norvège exclut 10,4 % de ses élèves, contre 7,3 % en 2022, un niveau qui « peut entraîner un biais à la hausse dans les résultats », écrit l’OCDE. Les Pays-Bas en excluent 9,3 %, la Nouvelle- Zélande 8,1 %, les États-Unis 6,9 %. Au Canada, c’est la participation qui pose problème : 77 % des élèves tirés au sort ont passé le test, et l’OCDE estime que le score national pourrait être surestimé de jusqu’à 15 points. En Espagne, la Catalogne a exclu 23,2 % de ses élèves ; ses résultats ne sont tout simplement pas publiés.
Et la France ? Elle ne figure pas parmi les pays signalés : son taux d’exclusion respecte la norme des 5 %, et son échantillon n’appelle aucune réserve de l’OCDE. Autrement dit, quand la France se compare à la Norvège ou au Canada, elle se compare à des pays dont une partie des élèvesles plus fragiles a disparu des statistiques. Cela ne change pas la trajectoire française, mais cela relativise certains écarts de classement.
Trois écarts qui pèsent plus que la moyenne
Le milieu social, d’abord. En sciences, 100 points séparent les élèves français favorisés des défavorisés, contre 85 en moyenne dans l’OCDE ; le milieu social explique 13,5 % des différences de résultats, contre 11,6 %. La France reste l’un des pays où l’origine sociale pèse le plus. Une nuance importante toutefois : entre 2022 et 2025, cet écart s’est réduit de 21 points, et pas seulement par le bas. Les élèves défavorisés ont gagné 13 points en sciences, une hausse statistiquement significative, tandis que les favorisés en ont perdu 8. C’est l’inverse de la tendance moyenne de l’OCDE, où la réduction des écarts vient surtout de la baisse des élèves favorisés.
Le sexe, ensuite. Les filles françaises devancent les garçons de 32 points en compréhension de l’écrit et de 7 en sciences ; les garçons devancent les filles de 13 points en mathématiques. Dès le CM1, l’enquête TIMSS 2023 montrait un écart qui se creuse en mathématiques au détriment des filles, presque unique en Europe.
Les enseignants, enfin. Seuls 12,9 % des élèves français sont scolarisés dans un établissement dont le chef déclare ne pas manquer d’enseignants, contre 28,8 % en moyenne dans l’OCDE. Ce chiffre nourrira l’analyse de mardi prochain.
La suite mardi prochain
Ces chiffres posent plus de questions qu’ils n’en règlent. Pourquoi la lecture recule-t-elle partout, et plus vite en France ? Que valent les trois explications qui s’affrontent depuis dix ans, celle des exigences, celle des inégalités, celle de l’outil PISA lui-même ? Que disent les données sur le numérique et l’intelligence artificielle en classe ? Et surtout, qu’est-ce qui, à moindre coût, aide vraiment un enfant de 8 ou 10 ans à lire, écrire et compter mieux ? Ce sera l’objet de la seconde partie, mardi 15 septembre, avec des pistes pour les parents comme pour les enseignants. D’ici là, deux articles du site éclairent déjà la question : les super-pouvoirs de la lecture, et, dimanche, la mise à jour de l’article ce qui compte vraiment pour accompagner la scolarité de son enfant. Sur la place du numérique à l’école, notre article sur l’école de demain reste d’actualité.
Et vous, que faites-vous pour soutenir la scolarité de vos enfants ? Comment vous y prenez-vous, au quotidien, loin des classements ? Partagez votre expérience en commentaire.
Sources
OCDE (2026), Résultats du PISA 2025 (Volume I – version abrégée) : Des élèves prêts pour l’avenir,Éditions OCDE, Paris — tableaux I.1, I.2, I.3 et I.7 ; « Guide du lecteur » pour les normes d’échantillonnage et les taux d’exclusion — oi.org/10.1787/72cbf7bd-fr
OCDE, cadre d’évaluation PISA 2025 en sciences (version française) — pisa-framework.oecd.org
OCDE, « OECD to launch PISA 2025 on 8 September 2026 », avis aux médias — oecd.org
Café pédagogique, « PISA 2025 : de nouveaux résultats attendus mardi », 7 septembre 2026 —cafepedagogique.net
IH2EF, « PISA 2022 : les résultats des élèves français » — ih2ef.gouv.fr
DEPP, Note d’information n° 23.48, « PISA 2022 : la France ne fait pas exception… », décembre 2023 — education.gouv.fr (PDF)
DEPP, Note d’information n° 24-47, « TIMSS 2023 en CM1 », décembre 2024 — education.gouv.fr


